DEVĪ MĀHĀTMYAM
- 29 mars 2025
- 26 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 mars 2025
De la traduction anglaise de Swami Jagadiswarananda (2001)
DEVĪ MĀHĀTMYAM : Gloire à la Mère divine
700 mantras sur Śrī Durgā
Note de Chantale : l'hymne débute par le Chapitre 1, qui se trouve après les stotram introductifs suivants (devant être récités avant le Devi Mahatmyam).
Proposition de lecture pendant Navarātri (ou à chaque nouvelle lune) : Jour 1 = Stotram introductifs + chapitre 1 ; Jour 2 = chapitres 2, 3, 4 ; Jour 3 = chapitrse 5 et 6 ; Jour 4 = chapitre 7 ; Jour 5 = chapitre 8 ; Jour 6 = chapitres 9 et 10 ; Jour 7 = chapitre 11 ; Jour 8 = chapitre 12 ; Jour 9 = chapitre 13.
ARGALĀ STOTRAM
Om. Je me prosterne et je m’abandonne à la déesse Caṇḍikā.
Markaṇḍeya dit :
Gloire d’être toi, ô Caṇḍā Devī ! Ô Bhūtapahāriṇī (Celle qui fait disparaître les maux du monde), gloire d’être toi ! Ô omniprésente Devī, que la gloire soit à toi. Ô Kālarātri (de nature du sombre en temps d’illusion), je me prosterne devant toi.
Ô Devī, tu es Jayantī (la plus supérieure et toujours victorieuse), Maṅgalā (maṇga – six étapes de la naissance à la mort, et lati – qui fait disparaître) ; Kālī (qui inonde tout au moment du Pralaya), Bhadrakālī (Celle qui donne joie et paix), Kapālinī (Celle qui réside sur le front, les mains, etc. de Brahmā en temps de Pralaya) ; Durgā (Celle qui fait disparaître les obstacles de ses dévots) ; Śivā (de la nature de la Pure conscience) ; Kṣamā (empli de compassion), Dhātrī (le support de toute création) ; Svāhā (qui nourrit les dieux) ; Svadha (qui plaît aux pitṛis). Je me prosterne devant vous.
Ô Devī, destructrice des démons Madhu et Kaiṭabha, donneuse de bénédiction à Brahmā, je me prosterne devant toi. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô destructrice de Mahiṣāsura, ô dispensatrice de félicité aux dévots, salutations à toi. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô destructrice du démon Dhūmralocana ! Ô dispensatrice de dharma, artha (richesse) et kāma (plaisirs du monde et prospérité). Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô tueuse du démon Raktabīja ! Ô destructrice des démons Caṇḍa et Muṇḍa. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô tueuse de Niśumbha et Śumbha ! Ô bienfaisante dans les trois mondes. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī qui a été saluée par Brahmā et d’autres dieux ! Ô donneuse de bonne fortune à tous. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī dont la vraie nature et la vie sont inconnues de plusieurs ! Ô destructrice de tous les ennemis (des dieux) ! Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô AparŇā ! Ô Celle qui efface tous les péchés des dévots qui se sont abandonnés à toi. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, tu dissous les maladies de ceux qui chantent tes louanges avec dévotion. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Caṇḍikā, qui finit toujours par réussir ses combats et qui détruit les péchés. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, donne-moi la chance et la santé ! Ô Devī, donne-moi l’état de félicité ultime. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, accorde-moi le succès et la bénédiction. Accorde-moi la prospérité matérielle. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, détruis mes ennemis qui me détestent ; donne-moi le plus grand pouvoir. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, les précieux joyaux des couronnes des dieux et des démons frottent de la même manière sur tes pieds de lotus. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, rends-moi instruit, fais-moi réussir, rends-moi riche. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô valeureuse Devī, la destructrice de la fierté des démons. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Caṇḍikā, la destructrice de la fierté des démons puissants, je me prosterne toujours à tes pieds de lotus. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī aux quatre mains et quatre visages, louangée par Brahmā et d’autres dieux, ô Souveraine de cette création ! Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, toujours louangée avec dévotion par Viṣṇu. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, toujours louangée par l’époux de Umā, la fille des montagnes Himālaya. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, louangée par Indra pour la connaissance. Ô Souveraine du monde. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, qui donnes la joie à tes dévots. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, donne-moi la dévotion profonde à tes pieds de lotus qui m’apportera la béatitude divine et la paix mentale. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
Ô Devī, fille des montagnes Himālaya, qui aides à franchir l’océan infranchissable du saṃsāra. Donne-moi la beauté (spirituelle), la victoire (contre les forces anti-spirituelles), le succès (dans la vie spirituelle), et détruis mes ennemis qui sont sous la forme de la passion, de la colère, de la haine, etc.
En récitant cet hymne, on devrait réciter le grand hymne (Devī Māhātmyam) qui est composé de 700 vers. Il en résultera l’obtention d’avantages rares.
(Ainsi se termine l’Argalā Stotram dans le Purāṇa de Markaṇḍeya.)
ATHA KĪLAKA STOTRAM
Om, salutations à Caṇḍikā.
Le sage Mārkaṇḍeya dit :
Om, salutations à Celui dont le corps est de pure sagesse, qui possède les yeux divins des trois Veda, qui est la cause de l’obtention du bien suprême, et qui porte le croissant de lune.
Qu’il comprenne tout cela comme le kīlaka (verrou) des mantras ; celui qui s’y consacre constamment par la récitation obtient la paix et la protection.
Tous les actes tels que les réussites, les dissipations d’obstacles et autres s’accomplissent pour ceux qui louent la Déesse avec dévotion à l’aide de cet ensemble d’hymnes.
Il n’existe pour cela ni mantra, ni remède, ni rien d’autre, car tout, y compris la dissipation des obstacles, s’accomplit uniquement par la récitation.
Tous les résultats se manifesteront dans leur totalité, dissipant les doutes du monde ; après avoir établi cela, Śiva invita la Déesse, et tout cela devint propice.
Śiva rendit cet hymne à Caṇḍikā secret et sacré ; celui qui, avec mérite, accomplit correctement l’invocation de la Déesse l’obtient en retour.
Lui aussi obtient la paix et la protection, tout cela sans aucun doute, s’il est concentré (dans sa récitation) un soir de nouvelle lune (kṛṣṇa caturdaśī) ou d aṣṭamī (8ᵉ jour lunaire).
Elle donne et accepte l’offrande, mais autrement elle ne se montre pas favorable ; c’est ainsi que ce kīlaka a été scellé par le grand Dieu.
Celui qui récite chaque jour ce texte de Caṇḍī après en avoir ôté le kīlaka (le sceau), devient assurément un être accompli, un maître des êtres célestes, ou même une créature lumineuse éthérée.
Il ne connaîtra jamais la pauvreté, il ne sera soumis à aucune peur, il n’ira pas sous l’emprise d’une mort prématurée, et, à sa mort, il atteindra la libération.
Ayant compris ce stotra, il faut le commencer ; car celui qui ne le fait pas correctement périra. C’est pourquoi les sages ne commencent cette récitation qu’après en avoir bien compris le sens dans son entier.
Toute prospérité ou beauté que l’on peut voir chez les femmes provient de Sa grâce ; c’est pourquoi cet hymne propice doit être récité.
Lorsque cet hymne est récité doucement, même par ceux qui vivent dans la pauvreté, la prospérité complète finit par survenir. C’est pourquoi il convient de le commencer.
Par Sa grâce viennent la richesse, la beauté, la santé, la destruction des ennemis et la suprême libération ; alors pourquoi ne serait-Elle pas louée par tous ?
Celui qui se souvient sans cesse de Caṇḍikā dans son cœur obtient les désirs de son cœur, et la Déesse réside toujours en son cœur.
Cette déclaration du kīlaka a été faite auparavant par le grand Dieu (Mahādeva) ; il faut donc, l’avoir rendu sans sceau (niṣkīlam), le réciter avec concentration.
(Ainsi se termine le Kīlaka Stotram.)
DEVĪ KAVACAM
Om. Je me prosterne et m’abandonne à la Déesse Caṇḍikā.
Mārkaṇḍeya dit :
Om. Grandeur ! Dis-moi l’armure la plus secrète de ce monde qui protège les hommes en toute matière et qui n’a été révélée à aucun jusqu’à maintenant.
Brahmā dit :
Ô Érudit ! Il y a une telle armure sacrée et cachée de la Déesse qui aide tous les êtres. Ô homme de sagesse, s’il te plaît, écoute cela.
3–5. Il y a neuf formes de Durgā, Brahmā lui-même l’a déclaré. Elles sont : Śailaputrī, Brahmacāriṇī, Candraghaṇṭā, Kūṣmāṇḍā, Skandamātā, Kātyāyanī, Kālarātri, Mahāgaurī et Siddhidātrī.
6–8. Ô Déesse ! Ceux qui se sont souvenus de toi sont protégés. Il n’y a aucun doute à cela. Lorsqu’on se souvient de toi avec dévotion, tu les fais définitivement prospérer. Je ne peux concevoir aucune malchance pour eux, ni deuil mental, détresse vitale ou peur physique. Rien de malchanceux n’arrive à ceux qui trouvent refuge en Elle, même en guerre, dans le feu, face à la peur, ou au cœur d’un combat féroce.
9–11. Cāmuṇḍā est assise sur un cadavre. Vārāhī est sur un buffle. Aindrī est assise sur un éléphant. Vaiṣṇavī est sur Garuḍa. Narasiṃhī est de grande vigueur. Śivadūtī est puissante. Maheśvarī est sur un bœuf. Kaumārī est sur un paon. Lakṣmī, bien-aimée de Hari, est assise sur un lotus. Īśvarī, vêtue de blanc, est aussi sur un bœuf.
Brāhmī, ornée de bijoux sur tous ses membres, est assise sur un cygne. Toutes ces Mères sont parées de tous les types de yoga (unions à la vérité).
Les Mères portent des joyaux, des colliers divins faits des meilleures perles.
Les Déesses, enflammées de rage, sont assises sur un char ; elles sont resplendissantes de perles comme Indrānīla, Mahānīla et Padmarāga.
15–17. Elles tiennent conque, disque, masse, flèche, arc, charrue, pilon, bouclier, javelot, hache, nœud coulant, lance, trident et arc sacré. Elles utilisent ces armes pour anéantir les asuras, protéger les dévots et aider les devas. Ô redoutable, nous nous prosternons devant Toi.
Ô Devī, grande puissance, grande joie, destructrice de la peur, protège-moi. Tu es difficile à regarder, tu augmentes la peur des ennemis.
19–20. Qu’Aindrī me protège à l’Est, Agni au Sud-Est, Vārāhī au Sud, l’épée divine au Sud-Ouest, Vāruṇī à l’Ouest, la Déesse au lion au Nord-Ouest. Kauberī me protège au Nord, la Déesse au pic au Nord-Est.
21–22. Brahmāṇī protège le haut, et Vaiṣṇavī le bas. Cāmuṇḍā garde les dix directions. Jaya me protège devant, Vijaya derrière. Ajitā à gauche, Aprajitā à droite.
23–24. Dyotinī protège le sommet de ma tête, Umā la couronne, Mālādhārī mon front, Yaśasvinī mes sourcils, Citranetrā mes yeux ; Yamaghaṇṭā les côtés du visage et l’œil intérieur, Caṇḍikā entre les sourcils.
Śaṅkhinī protège les yeux, Dvāravāsinī les oreilles, Kālīkā le front, Śaṅkarī la base des oreilles.
Sugandhā protège les narines, Carcikā la lèvre supérieure, Amṛtabalā la lèvre inférieure, Sarasvatī la langue.
Kaumārī protège les dents, Caṇḍikā la gorge, Citraghaṇṭā l’uvule, Mahāmāyā le palais.
Kāmākṣī protège le menton, Sarvamaṅgalā la parole, Bhadrakālī le cou, Dhanurdharī la colonne vertébrale.
Nīlakaṇṭhī le cou externe, Nālakūbarī les cordes vocales, Khadginī les épaules, Vajradhāriṇī les bras.
Daṇḍinī les mains, Ambikā les doigts, Śūleśvarī les ongles, Nāreśvarī l’abdomen.
Mahādevī protège les seins, Śokavināśinī l’esprit, Lalitā le cœur, Śūladhāriṇī l’estomac.
Kāminī protège le nombril, Guhyeśvarī le sexe, Durgandhā Devī les organes reproducteurs, Guhyavāhinī l’anus.
Bhagavatī la taille, Meghavāhanā les cuisses, Mahābalā les jambes, Mādhavanāyikā les genoux.
Narasiṃhī les chevilles, Kauśikī les pieds, Śrīdhāriṇī les orteils, Pātālavāsinī les plantes.
Daṃṣṭrākarālī les ongles, Ūrdhvakeśinī les poils, Kaumārī les pores, Yogeśvarī la peau.
Pārvatī protège sang, moelle, graisse, chair, os, lymphe. Kālarātri les intestins, Mukuṭeśvarī la bile.
Padmāvatī les poumons, Cūḍāmaṇi le flegme. Jvālāmukhī la lueur des ongles, Abhedyā Devī les articulations.
Brāhmaṇī protège la semence, Chatreśvarī l’ombre, Dharmadhāriṇī l’ego, le mental et l’intellect.
Kalyāṇaśobhanā Vajrahastā protège les cinq souffles : prāṇa, apāna, vyāna, udāna, samāna.
Yoginī protège goût, forme, odeur, son, toucher. Nārāyaṇī protège les trois guṇa : sattva, rajas, tamas.
41–43. Cette armure rare, même pour les devas, récitée trois fois par jour avec foi, rend invincible dans les trois mondes, permet de vivre cent ans, efface les blessures, annule tout poison, détruit toute magie, esprit, être ou influence néfaste.
44–46. Celui ou celle qui récite cette kavaca devient resplendissant, reconnu même des rois, voit sa renommée grandir.
Ainsi, ô muni, cette armure qui accomplit tous les désirs doit être récitée avec dévotion.
Il faut la chanter en méditant sur les 700 vers de Caṇḍī, précédée de cette armure. On obtient un succès sans obstacle.
Les descendants du récitant vivront tant que montagnes, rivières et forêts existeront sur terre.
À sa mort, il atteindra l’état le plus élevé, difficile d’accès même aux devas, grâce à la Déesse.
Ensuite, il atteint Śivaloka. Il ne renaît pas. Il atteint la demeure suprême et se réjouit auprès de Śiva.
(Ainsi se termine le Devī Kavacam du Mārkaṇḍeyapurāṇa, composé par Hari, Hara et Brahmā.)
DEVĪ MĀHĀTMYAM
ATHA PRATHAMA CARITAM
Méditation sur Mahākālī
J’ai recours à Mahākālī, qui a dix visages, dix jambes, et qui tient dans ses mains une épée, un disque, une masse, des flèches, un arc, une massue, une lance, un missile, une tête humaine et une conque ; qui a trois yeux, est ornée de bijoux sur tous ses membres, rayonne comme une gemme bleue, et qui fut exaltée par Brahmā pour détruire Madhu et Kaiṭabha lorsque Viṣṇu était dans son sommeil mystique.
ATHA PRATHAMO’DHYĀYAḤ
(Chapitre 1)
Om Namaś Caṇḍikāyai.
1–3. Mārkaṇḍeya dit (à son disciple Krauṣṭuki Bhāguri) : Sāvarṇi, fils de Sūrya, est appelé le huitième Manu. Écoute, pendant que je décris en détails sa naissance, comment Sāvarṇi, fils illustre de Sūrya, est devenu le seigneur du huitième manvantara par la grâce de Mahāmāyā.
4–5. Autrefois, il y avait un roi nommé Suratha, né de la dynastie Caitra, qui régnait le monde entier dans la période Svarociṣa. Il dûment protégé ses sujets comme ses propres enfants. À cette époque, les rois qui étaient les destructeurs des Kolas sont devenus des ennemis.
6–7. Celui qui est porteur d’armes puissantes se bat dans la bataille avec les destructeurs des Kolas, mais a été vaincu par eux même s’ils étaient de petite force. Il est ensuite retourné dans sa propre ville et a régné sur son propre pays. Ensuite, ce roi illustre a été attaqué par ces ennemis puissants.
8–9. Même dans sa propre ville, le roi maintenant privé de force, a été dérobé de son trésor et de son armée par son propre ministère puissant, vicieux et malintentionné. Par la suite, dépourvu de sa souveraineté, le roi est parti seul à dos de cheval vers une forêt dense sous le prétexte de chasser.
10–11. Il a vu là-bas l’ermitage de Medhas – le suprême parmi les deux fois nés – habité par des animaux sauvages, qui étaient calmes et grâcieux par les disciples du sage. Diverti par le sage, Suratha a passé un certain temps à se déplacer dans l’ermitage du grand sage.
12–16. Alors là, vaincu par l’attachement, il se met à penser : « Je ne sais pas si la capitale qui était gardée par mes ancêtres et que j’ai récemment désertée est gardée avec droiture ou non par mes serviteurs de mauvaise conduite. Je ne sais pas quels plaisirs obtiendra mon chef éléphant, héroïque et toujours ravi, et qui est maintenant tombé entre les mains de mes ennemis. Ceux qui étaient mes disciples constants et qui ont reçu des faveurs, des richesses et de la nourriture de ma part, doivent certainement payer hommage aux autres rois. Le trésor que j’ai accumulé avec grand soin sera gaspillé par ces constants dépensiers qui sont accros aux dépenses inappropriées. »
17–19. Le roi pensait continuellement à ceci et à d’autres choses. Près de l’ermitage du brāhmaṇa, il a vu un marchand, et lui a demandé : « Oh ! Qui es-tu ? Quelle est la raison de ta venue ? Pourquoi as-tu un air affligé de chagrin et un mental dépressif ? » Ayant entendu ces paroles du roi prononcées dans un esprit amical, le marchand s’est prosterné respectueusement et a répondu au roi.
20–25. Le marchand dit : « Je suis un marchand du nom de Samādhi, né dans une famille riche. J’ai été chassé par mes fils et mon épouse, qui sont méchants par avidité de richesses. Mon épouse et mes fils ont détourné mes richesses et m’en ont dépourvu. Rejeté par mes proches de confiance, je suis venu dans la forêt accablé de chagrin. En demeurant ici, je ne suis au courant d’aucun bien ni mal concernant mes fils, mes proches, et mon épouse. À l’heure actuelle, est-ce le bien-être ou la malchance qui les attend à la maison ? Comment vont-ils ? Mes fils vivent-ils une bonne ou une mauvaise vie ? »
26–28. Le roi dit : « Pourquoi ton mental est-il affectueusement attaché à ces gens cupides, tes fils, ton épouse, et les autres, qui t’ont dépourvu de ta richesse ? »
29–34. Le marchand dit : « Cette exacte pensée m’a traversé l’esprit au moment que vous l’avez prononcée. Que puis-je faire ? Mon mental ne devient pas dur, il porte une profonde affection pour ces personnes précises qui m’ont chassé dans leur avidité de richesses, ont abandonné l’amour pour un père, et l’attachement à un maître et ses proches. Je ne comprends pas, quoique je sache, ô roi au cœur noble, comment se fait-il que le mental soit enclin à aimer même les proches qui ne le méritent pas ? À cause d’eux, je pousse de profonds soupirs et je me sens abattu. Que puis-je faire puisque mon mental ne devient pas dur envers ceux qui ne sont pas aimants ? »
35–38. Mārkaṇḍeya dit : « Ensuite, ô brāhmaṇa, le marchand Samādhi et le noble roi ont approché le sage Medhas, et après avoir observé l’étiquette digne de lui et comme il se doit, ils se sont assis et ont discuté avec lui sur plusieurs sujets.
39–45. Le roi dit : « Sir, je souhaite vous demander une chose. Soyez heureux d’y répondre. Sans le contrôle de mon intellect, mon mental est affligé de chagrin. Même si j’ai perdu le royaume, tel un homme ignorant – même si je le sais – j’ai un attachement pour tous les biens de mon royaume. Comment cela se fait-il, ô meilleur des sages ? Et ce marchand a été renié par ses enfants, son épouse et ses serviteurs, abandonné par ses proches, et malgré cela, il est encore excessivement affectueux envers eux. Ainsi, tous deux, lui et moi, attirés par l’attachement envers des objets dont nous connaissons les défauts, sommes extrêmement malheureux. Comment cela peut-il se produire, alors, Sir, que même si nous sachions cela, vient cette illusion ? Cette illusion me hante autant que lui, aveuglés que nous sommes en matière de discrimination.
46–49. Le ṛṣi dit : « Sir, tout être possède la connaissance des objets perceptibles par les sens. Un objet des sens le rejoint de manières variées. Certains êtres sont aveugles le jour, et d’autres sont aveugles la nuit ; certains êtres ont une vue égale autant le jour que la nuit. Les êtres humains sont certainement dotés de la connaissance, mais ils ne sont pas les seuls êtres à en être dotés, puisque le bétail, les oiseaux, les animaux et d’autres créatures possèdent aussi la connaissance des objets des sens.
50–58. La connaissance que les hommes ont, les oiseaux et les bêtes l’ont aussi ; et ce qu’ils ont, les hommes le possèdent aussi ; et le reste (comme manger et dormir) est commun aux deux. Regarde ces oiseaux qui, même s’ils possèdent la connaissance et sont eux-mêmes affligés par la faim, sont quand même, à cause de l’illusion, engagés à laisser tomber des grains de leurs becs à leurs petits. Les êtres humains sont, ô tigre parmi les hommes, attachés à leurs enfants par avidité d’aider en retour. Ne vois-tu pas cela ? De même, les hommes sont jetés dans le tourbillon de l’attachement, le gouffre de l’illusion, par le pouvoir de Mahāmāyā (la Grande Illusion), qui rend l’existence du monde possible. Ne t’émerveille pas de cela. Cette Mahāmāyā est la Yoganidrā de Viṣṇu, le Seigneur du monde. C’est par elle que le monde est illusoire. En vérité, elle, Bhagavatī, Mahāmāyā, attire de force même l’esprit des sages et les jette dans l’illusion. Elle crée cet univers entier, à la fois en mouvement et immobile. C’est elle qui, lorsque propice, devient une donneuse de bénédictions aux êtres humains pour leur libération finale. Elle est la connaissance suprême, la cause de la libération finale, et éternelle ; elle est la cause de l’esclavage de la transmigration, et est la souveraine de tous les seigneurs.
59–62. Le roi dit : « Sir vénérable, qui est cette Devī que tu appelles Mahāmāyā ? Comment est-elle née, et quelle est sa sphère d’action ? Ô le Saint ! De quoi est constituée sa nature ? Quelle est sa forme ? D’où origine-t-elle ? Je souhaite entendre tout cela de toi, ô vous suprême parmi les connaisseurs de Brahman. »
63–71. Le ṛṣi dit : « Elle est éternelle, incarnée par l’univers. Par elle, tout cela est imprégné. Néanmoins, elle s’incarne de différentes façons ; écoute-le de moi. Lorsqu’elle se manifeste dans le but d’accomplir les fins des deva-s, on dit qu’elle est née dans le monde, même si elle est éternelle. À la fin d’un kalpa, alors que l’univers était un océan (avec les eaux du déluge) et l’adorable Seigneur Viṣṇu, s’étendant sur Śeṣa, s’endormit dans un sommeil mystique, deux terribles asura-s, les bien connus Madhu et Kaiṭabha, ont surgi de la cire d’oreille de Viṣṇu, et cherchaient à tuer Brahmā ; Brahmā, le père des êtres, était assis dans un lotus qui a poussé du nombril de Viṣṇu. Voyant ces deux féroces asura-s et Janārdana endormi, et dans l’espoir de réveiller Hari, Brahmā, d’un esprit concentré, a loué Yoganidrā, qui demeure dans les yeux de Hari. Le Seigneur resplendissant Brahmā a exalté l’incomparable déesse de Viṣṇu, Yoganidrā, la reine du cosmos, celle qui soutient les mondes, la cause de la subsistance et de la dissolution (de l’univers).
72–74. Brahmā dit : « Tu es Svāhā et Svadha. Tu es en vérité le Vaṣaṭkāra et l’incarnation de Svara. Tu es le nectar. Ô l’éternelle et impérissable, tu es l’incarnation du triple mātrā, quoiqu’éternelle. Tu es véritablement ce qui ne peut être prononcé spécifiquement. Tu es Sāvitrī et la Mère suprême des deva-s. »
75–77. « Par toi, cet univers est porté ; par toi, ce monde est créé. Par toi, il est protégé, ô Devī, et tu le consumes toujours à la fin. Ô toi qui es toujours sous la forme du monde entier, au moment de la création tu as la forme de la force créatrice ; au moment de la préservation tu as la forme du pouvoir protecteur ; et au moment de la dissolution du monde tu as la forme du pouvoir destructeur. Tu es la connaissance suprême, de même que la grande ignorance, le grand intellect et la contemplation, et aussi la grande illusion, une grande déesse aussi bien qu’un grand asurī. »
78–81. « Tu es la cause primordiale de tout, mettant en vigueur les trois qualités. Tu es la nuit sombre de la dissolution périodique. Tu es la grande nuit de la dissolution finale, et la nuit terrible de l’illusion. Tu es la déesse de la bonne chance, celle qui règne, la modestie, l’intelligence caractérisée par la connaissance, la pudeur, le nourrissement, le contentement, la tranquillité et la patience. Armée d’une épée, d’un pic, d’un bâton, d’un disque, d’une conque, d’un arc, de flèches, d’élingues et d’une massue de fer, tu es terrible et, en même temps, tu es aimable, oui, plus aimable que toutes les choses aimables, et excessivement belle. Tu es effectivement la suprême Īśvarī, au-delà du haut et du bas. »
82–87. « Et aussitôt qu’une chose existe, peu importe où, consciente (réelle) ou non consciente (irréelle), quel que soit le pouvoir, tu la possèdes comme toi-même. Ô toi qui es l’âme de tout, comment puis-je te louer plus que cela ? Par toi, même celui qui crée, soutient et dévore les mondes est endormi. Qui est ici capable de te vanter ? Qui est capable de te louanger, toi qui nous as fait tous – Viṣṇu, moi-même, et Śiva – prendre une forme incarnée ? Ô Devī, ayant été glorifiée ainsi, sois sorcière avec ces deux asura-s inattaquables, Madhu et Kaiṭabha, grâce à tes pouvoirs supérieurs. Laisse Viṣṇu, le Maître du monde, être rapidement réveillé de son sommeil et éveille sa nature à tuer ces deux grands asura-s. »
88–95. Le ṛṣi dit : « Voici la Devī de l’illusion, qui a été louangée ainsi par Brahmā, le créateur, afin de réveiller Viṣṇu pour détruire Madhu et Kaiṭabha, est sortie par elle-même de ses yeux, sa bouche, ses narines, ses bras, son cœur et sa poitrine, et est apparue devant le regard de Brahmā d’une naissance impénétrable. Janārdana, le Seigneur de l’univers, quitté par elle, se lève de son divan sur l’océan universel, et voit ces deux démons (asura-s), Madhu et Kaiṭabha, excessivement héroïques et puissants, avec des yeux rouges de colère, tentant de dévorer Brahmā. Sur ce, l’omniprésent Bhagavān Viṣṇu se lève debout et combat avec les asura-s pendant 500 ans, utilisant ses propres bras et armes. Et eux, frénétiques avec leur pouvoir excessif et trompés par Mahāmāyā, crient à Viṣṇu : « Demande-nous une faveur. »
96–98. Bhagavān Viṣṇu dit : « Si vous êtes satisfaits de moi, vous devez tous les deux être tués par moi, maintenant. Quel est le besoin, ici, d’une quelconque autre faveur ? Mon choix est en effet le suivant. »
99–101. Le ṛṣi dit : « Ces deux asura-s, ainsi ensorcelés par Mahāmāyā, observant ainsi le monde entier devenu de l’eau, ont dit à Bhagavān, Celui aux yeux de lotus : « Tue-nous à l’endroit sur terre qui n’est pas inondé d’eau. »
102–104. Le ṛṣi dit : « En disant ‘ainsi soit-il’, Bhagavān Viṣṇu, le grand manieur de la conque, du disque et de la masse, les a pris dans ses lombes et là leur a coupé la tête avec son disque. Ainsi, elle (Mahāmāyā) est apparue elle-même lorsque priée par Brahmā. Maintenant, écoute encore la gloire de cette Devī dont je te parle. »
(Ainsi se termine le premier chapitre intitulé « Le meurtre de Madhu et Kaiṭabha » du Devī Māhātmya dans le Mārkaṇḍeyapurāṇa, durant la période de Sāvarṇi, le Manu.)
ATHA MADHYAMA CARIṆAM
Méditation sur Mahālakṣmī
Je recours à Mahālakṣmī, la destructrice de Mahiṣāsura, qui est assise sur un lotus, de complexion corail, et qui tient dans ses 18 mains un rosaire, une hache, une masse, une flèche, un éclair, un lotus, un arc, un pichet, une barre, Śakti, une épée, un bouclier, une conque, une cloche, une coupe, un trident, un nœud coulant et le disque Sudarśana.
ATHA DVITĪYO’DHYĀYAḤ
(Chapitre 2)
Om.
1–3. Le ṛṣi dit :« Autrefois, lorsque Mahiṣāsura était le seigneur des asura et Indra le seigneur des deva, il y avait une guerre entre les deva et les asura pendant cent années complètes. En cela, l’armée des deva a été vaincue par les vaillants asura. Après avoir conquis tous les deva, Mahiṣāsura est devenu le seigneur du paradis (Indra). »
4–5. « Ensuite, les deva vaincus sont allés voir Brahmā, le seigneur des êtres, et sont allés au lieu où Śiva et Viṣṇu étaient. Les deva leur ont décrit en détails comment cela s’était produit, l’histoire de leur défaite façonnée par Mahiṣāsura. »
6–8. « Lui-même (Mahiṣāsura) avait assumé les juridictions de Sūrya, Indra, Agni, Vāyu, Candra, Yama et Varuṇa, et d’autres deva. Jetés hors du paradis par Mahiṣa de nature malfaisante, les invités des deva erraient sur terre comme des mortels. Tout ce qui a été fait par l’ennemi des deva vous a été relaté à vous deux, et nous avons cherché refuge sous vous deux. Que vous soyez tous deux heureux de réfléchir aux moyens de sa destruction. »
9.Ayant ainsi entendu les mots des deva, Viṣṇu était en colère et Śiva aussi, et leurs visages sont devenus féroces et renfrognés.
10–11. Ensuite est émise une grande lumière du visage de Viṣṇu qui était plein de colère intense, et du visage de Brahmā et Śiva aussi. Des corps d’Indra et d’autres deva aussi est émise une très grande lumière. Et toutes ces lumières se sont unies ensemble.
12–13. Les deva ont vu là une concentration de lumière telle une montagne extrêmement flamboyante, envahissant tous les quartiers de ses flammes. Ensuite, cette flamme unique, produite des corps de tous les deva, envahissant les trois mondes avec son lustre, s’est combinée en une et est devenue de forme féminine.
14–15. Par ce qui était la lumière de Śiva, son visage est apparu ; par la lumière de Yama, ses cheveux ; par la lumière de Viṣṇu, ses bras ; par la lumière de Candra, ses deux seins. Par la lumière d’Indra, sa taille ; par la lumière de Varuṇa, ses jambes et cuisses ; et par la lumière terrestre, ses hanches.
16–18. Par la lumière de Brahmā, ses pieds sont apparus ; par la lumière de Sūrya, ses orteils ; par la lumière des Vasu, ses doigts ; par la lumière de Kubera, son nez ; par la lumière de Prajāpati, ses dents sont apparues ; et, similairement, par la lumière d’Agni, ses trois yeux ont été formés. La lumière des deux sandhyā est devenue ses sourcils ; la lumière de Vāyu, ses oreilles ; la manifestation des lumières des autres deva a aussi contribué à créer Devī, qui est de bon augure.
19.Ensuite, la regardant, celle qui a été constituée par le rassemblement de toutes les lumières des deva, ces immortels qui étaient oppressés par l’expérience de la joie de Mahiṣāsura...
20–21. Le porteur de Pināka (Śiva), tirant un trident de son propre trident, lui a présenté ; et Viṣṇu, tirant un disque de son propre disque, lui a donné. Varuṇa lui a donné une conque, Agni une lance ; et Marut lui a donné un arc, de même que deux carquois remplis de flèches.
22–23. Indra, seigneur des deva, a tiré un éclair de son propre éclair et une cloche de son éléphant, et les lui a donnés. Yama a donné un bâton de son propre bâton de la Mort, et Varuṇa, le seigneur des eaux, un nœud coulant ; et Brahmā, le seigneur des êtres, lui a donné un collier de perles et un pot d’eau.
24.Sūrya lui a accordé ses propres rayons sur tous les pores de sa peau, et Kāla (le Temps) lui a donné une épée sans tache et un bouclier.
25–29. L’océan de lait lui a donné un collier pur, une paire d’habits impérissables, un joyau de crête divin, une paire de boucles d’oreilles, des bracelets, un ornement brillant de demi-lune, des brassards sur tous les bras, une paire de chevillettes brillantes, un collier unique et d’excellentes bagues sur tous les doigts. Viśvakarman lui a donné une hache très brillante, des armes de formes variées et aussi une armure impénétrable. L’océan lui a donné une guirlande de lotus qui ne fane jamais pour sa tête et une autre pour sa poitrine, de même qu’un très beau lotus dans sa main. La montagne Himavat lui a donné un lion comme monture et plusieurs bijoux.
30–33. Le seigneur de la richesse (Kubera) lui a donné une coupe toujours remplie de vin. Śeṣa, le seigneur des serpents qui supporte cette terre, lui a donné un collier-serpent paré des meilleurs joyaux. Honorée de la sorte par les autres deva avec aussi des ornements et des armes, elle (la Devī) poussa un fort rugissement avec un rire défiant, encore et encore. De par son rugissement extrêmement fort, interminable et terrible, le ciel entier était plein, et il y avait une grande réverbération. Le monde entier en a été secoué, les mers tremblaient.
34–46. La terre en tremblait et toutes les montagnes en étaient secouées. « Victoire à toi ! », s’exclamaient les deva en joie pour elle, la monteuse de lion. Les sages, qui prosternaient leurs corps en dévotion, l’ont exaltée. Voyant les trois mondes agités et les ennemis des deva mobiliser toutes leurs armées et se révolter ensemble avec les armes levées, Mahiṣāsura, s’exclamant avec colère : « Ah ! C’est quoi, ça ? », se précipite vers ce rugissement, entouré d’innombrables asura. Ensuite, il a vu Devī omniprésente dans les trois mondes avec son éclat, faisant plier la terre avec ses pas, égratignant le ciel avec son diadème, secouant les mondes inférieurs avec le tintement de la corde de son arc, et se tenant là, omniprésente en tout quartier autour, avec ses milliers de bras. Ensuite a commencé une bataille entre cette Devī et les ennemis des deva, desquelles les quartiers célestes s’illuminaient de par les armes et les bras lancés de diverses manières. Les généraux de Mahiṣāsura, les grands asura nommés Cikṣura et Cāmara, assistés par des forces comprises de quatre parties ainsi que d’autres asura, ont combattu. Un grand asura nommé Udagra avec 60 000 chariots, et Mahāhanu avec 10 millions de chariots, se sont livrés à la bataille. Asilomān, un autre grand asura, avec 15 millions de chariots, et Bhāskala avec 6 millions, ont combattu dans cette bataille. Parivārīta avec plusieurs milliers d’éléphants et de chevaux, et entouré par 10 millions de chariots, a combattu dans cette bataille. Un asura nommé Bīḍāla a combattu dans cette bataille entouré de 500 milliards de chariots. Et d’autres grands asura, des milliers, entourés de chariots, d’éléphants et de chevaux, ont combattu avec la Devī dans cette bataille.
47–48. Mahiṣāsura était entouré, dans cette bataille, de milliers de milliards de chevaux, d’éléphants et de chariots. D’autres asura ont combattu dans la bataille contre la Devī avec des masses de fer et des javelots, avec des lances et des bâtons, avec des épées, des haches et des hallebardes. Certains lançaient des lances, d’autres des nœuds coulants.
49–58. Ils ont commencé à la frapper avec des épées afin de la tuer. En faisant pleuvoir ses propres armes et bras, cette Devī Caṇḍikā a très facilement coupé en morceaux toutes ces armes et ces bras. Sans aucune tache sur son visage, avec les dieux et les sages qui l’exaltent, l-Īśvarī a lancé ses armes et ses bras aux corps des asura. Et le lion aussi qui transportait la Devī, secouant sa crinière de rage, rôdait parmi les invités des asura telle une conflagration à travers les forêts. Les soupirs que poussait Ambikā, engagée dans la bataille, sont tous devenus ses bataillons par centaines et par milliers. Énergisés par le pouvoir de cette Devī, ces bataillons combattaient avec des haches, des javelots, des épées, des hallebardes, et ont détruit les asura. De ces bataillons, certains battaient du tambour, certains soufflaient dans des conques, et d’autres jouaient sur des tambourins dans ce grand festival martial. Ensuite, la Devī a tué des centaines d’asura avec son trident, son bâton, sa pluie de lances, d’épées et autres, et en a fait tomber d’autres qui étaient stupéfaits du bruit de sa cloche ; et en attachait d’autres avec son nœud coulant, elle les traînait au sol. Certains étaient coupés en deux par les tranches aiguisées de son épée, et d’autres écrasés par les coups de sa masse, gisant au sol ; et d’autres sévèrement cognés par son bâton vomissaient du sang.
59–61. Percés dans la poitrine par son trident, certains tombaient au sol. Percés de partout par ses flèches et ressemblant à des porc-épiques, certains des ennemis des deva ont donné leurs vies sur ce champ de bataille. Certains se sont fait couper les bras, certains se sont fait briser le cou, les têtes d’autres roulaient par terre ; d’autres ont été déchirés au milieu de leur tronc, et certains grands asura sont tombés par terre les jambes tranchées.
62.Certains, rendus manchots, borgnes et unijambistes, ont été à nouveau coupés en deux par la Devī. Et d’autres, même rendus sans tête, sont tombés et se sont relevés de nouveau.
63.Des troncs sans tête se battaient avec la Devī avec les meilleures armes dans leurs mains. Certains de ces troncs sans tête dansaient là, dans la bataille, au rythme des instruments de musique.
64–65. Les troncs de certains autres grands asura, avec leurs épées, leurs lances et leurs pics encore dans leurs mains, criaient à la Devī, venant juste de se faire couper la tête : « Arrête ! Arrête ! » Cette partie de la terre où cette bataille a eu lieu était devenue impassable avec les asura, les éléphants, les chevaux et les chariots qui étaient tombés.
66–67. Le sang à profusion des asura, des éléphants et des chevaux, se mit à affluer immédiatement telle une large rivière à travers cette armée des asura. Comme le feu consume un énorme tas de paille et de bois, Ambikā a détruit cette vaste armée d’asura en un rien de temps.
68–69. Et son lion porteur, tonnant fort avec sa crinière tremblante, rôdait sur le champ de bataille, semblant rechercher les souffles vitaux des corps des ennemis des deva. Dans ce champ de bataille, les bataillons de la Devī ont combattu d’une telle manière avec les asura que les deva au paradis faisaient pleuvoir des fleurs et les louangeaient.
(Ici se termine le second chapitre appelé « Abattage des armées de Mahiṣāsura » du Devī Māhātmya dans le Mārkaṇḍeya-purāṇa, durant la période de Sāvarṇi le Manu.)
(Chapitre 3 à venir)


Commentaires